Freed to Catch Something
by a wandering wonderer

Terrain de maîtrise en eaux froides
In the Canadian Arctic
Janvier 2016
Je suis dans la file d’attente pour passer les douanes à Montréal. Je reçois un appel, je décroche, c’est Isabelle, la technicienne scientifique avec qui Pascal et moi travaillons. On doit retourner au complexe minier assez rapidement pour échantillonner le bateau…
21 au 27 Janvier 2016 - Expérience hivernale inattendue
Nous sommes en janvier 2016. Je suis retourné en France pour les fêtes de fin d’année et passer un peu de temps avec ma famille. L’année 2016, quand j’y repense c’était vraiment la meilleure année de tous les temps. J’ai adoré cette année, il s’est passé plein de choses intéressantes et variées. J’aurais l’occasion d’en reparler…
Je prends un vol vers Montréal comme j’ai l’habitude de faire. Je me suis créé une petite routine de rentrée sur le territoire québécois avant de prendre la route pour Rimouski. Je prends souvent une chambre d’hôtel pas très loin de la gare d’autobus et le soir même je vais au cinéma. J’adore faire ça. Et en sortant du cinéma je passe au IGA pour me prendre à manger. Mais aujourd’hui ce sera différent. Je suis donc dans la file d’attente pour passer la douane canadienne. Je suis un peu fatigué mais un appel me ramène à l’instant présent. C’est Isabelle au bout du fil, la technicienne scientifique avec qui, Pascal et moi travaillons. Elle me dit que le bateau est en approche de la baie Déception et qu’il faut partir le plus vite possible vers le complexe minier pour ensuite échantillonner les ballasts du bateau. Cette campagne d’échantillonnage était prévue mais pas aussi rapidement. Je lui dis que je viens d’atterrir à Montréal et que je ne sais pas trop quoi faire. Nous devons prendre l’avion de Québec dans 2 jours, donc pas nécessaire de revenir à Rimouski. J’appelle Pascal, il me dit que c’est la merde et que c’est un peu précipité. Après plusieurs minutes à parler, on se donne rendez-vous à Québec à l’hôtel qu’on a l’habitude de prendre.
Je passe les douanes, récupère ma valise, prends la navette qui m’amène à la station de bus Berri Uqam dans le centre de Montréal. De là, il me semble que je réserve mon billet pour Québec pour le lendemain. Je passe la nuit à Montréal. Le lendemain je pars pour Québec, rejoins l’hôtel et peu de temps après Pascal me rejoint. J’ai ma grosse valise avec moi que je laisserais ici mais où? Pascal a tout prévu. On prend sa voiture et on se dirige vers la maison de sa tante et son oncle. Je déposerais ma valise chez eux. On passe un peu de temps avec eux, on va au restaurant manger un petit bout. Ça fait du bien de se poser après toute cette excitation non prévue. Pascal et sa tante et oncle me racontent des anecdotes, c’est plaisant. On retourne ensuite à l’hôtel.
Le lendemain on se dirige vers l’aéroport de Québec pour prendre l’avion de la compagnie minière. Le terminal est un peu excentré du reste de l’aéroport. Pascal a ramené sa guitare. Pendant les moments un peu creux, il joue de la guitare, c’est cool. On passe le portique et on entre dans l’avion.
On observe le paysage blanc et glacé des terres québécoises en mois de janvier. Le ciel est bleu, le sol est blanc, c’est très joli. On aperçoit même un cratère de météorite (il y en a plusieurs, je ne me rappelle plus le nom de celui-ci).






Arrivée en fin d'après-midi sur le tarmac gelé, on nous amène en voiture au complexe minier. On a l’impression de rentrer chez nous. C’est cool. Il fait bon à l’intérieur. On revoit notre référent scientifique sur place qui nous dit que le bateau est pris par la glace et qu’il ne peut pas arriver à la baie Déception. On est bloqué, on ne peut rien faire pour l’instant. Peut être que les jours d’après seront favorables. Pour l'instant on rejoint nos chambres, j'en profite pour prendre en photo ce coucher de soleil.









Peut être que les jours d’après seront favorables? Ce n’a pas été le cas. On est donc resté une petite semaine ici, à -35°C. On ne pouvait pas reprendre l’avion car les conditions météorologiques ne le permettaient pas. On s’est occupé comme on a pu, on est même allé dehors.
Dans le complexe, il y a beaucoup d’activités (salle de cinéma, salle de billard, gymnase, sauna même).. On a fait la connaissance d’un cuisinier qui travaillait ici à temps plein. Son rythme de travail est de 3 semaines puis il est en congés deux à trois semaines. C’est un rythme particulier mais je trouvais ça plutôt intéressant.














Le fameux halo lumineux autour du soleil. On dirait qu'il y a plusieurs soleils. C'est la suspension dans l'air de cristaux de glaces qui permettent la réflexion des rayons du soleil. C'est beau…







Les jours se suivent et le retour vers Québec approche. On s’installe dans le grand réfectoire en attendant la navette qui nous amène à l’aéroport de la mine. On est plusieurs à attendre, certain rentre chez eux, ils ont fini de travailler et partent probablement en vacances. A l’aéroport on retrouve le cuisinier, on parle un peu avec lui et je me souviens qu’il m’avait dit que c’était très rare qu’un français vienne ici et puisse vivre cette incroyable expérience. Je le crois car plus de 10 ans après, mes souvenirs sont encore très clairs.
On rentre à Québec, il me semble et ce souvenir s’arrête là car je ne sais plus comment j’ai fait pour récupérer ma valise, laissée chez la tante de Pascal et comment j’ai fait pour rentrer à Rimouski.
Ici se clôture ainsi mon expérience dans l'Arctique québécois. Je n'aurais jamais cru vivre ça. C'était incroyable. Je n'ai pas ressenti de nouveau ce sentiment d'être aussi libre et aussi bien dans ce que je faisais. Certes il y avait des moments difficiles mais à chaque fois je me disais: “OK ça ne va pas mais je suis au Québec” et tout de suite ça allait un peu mieux…